On aime les balades en 2cv

On aime les balades en 2cv

Sortir sa mémère et lui faire prendre l'air nous fait un bien fou. Oui mais pourquoi ?


#1 - LES RENCONTRES


Lors d'une balade dans le Lubéron, nous avons emprunté la route qui grimpe depuis Monieux et qui sillonne dans les gorges de la Nesque.
Peu avant d’arriver, deux magnifiques sangliers traversèrent paisiblement la route sans nous prêter attention. Nous les avons laissé passer et sommes allés nous garer sur le parking du premier belvédère pour y admirer le point de vue. La vue est saisissante.
Le mur opposé de la falaise nous faisait face et nous dominait de plusieurs dizaines de mètres malgré la distance nous séparant. Quelques rapaces planaient au-dessus de nos têtes. En dessous, un quasi vide d’une centaine de mètres de profondeur qui donnait le vertige. Nous avons hurler à plein poumons et nos échos nous répondirent après quelques secondes.
En remontant à la voiture nous sommes stoppés par un homme. Un colosse barbu en treillis militaire sortit des fourrés.
- HO, hurle-t-il.
Nous restons pantois.
- HO, répète-t-il. Elle est belle, lança-t-il avec son accent texan en mettant son pouce levé sur son point en parlant de la 2cv6 noire et blanche numérotée 46.
Nous sommes rassurés et engageons immédiatement le dialogue. C’est un américain tombé amoureux d’une française et qui n’est jamais reparti dans son pays. Il aime la France, comme sa femme.
Les sangliers reviennent à moins de 3 mètres de nous. L’homme nous rassure en nous disant que ce sont ses amis. Il les nourrit l’hiver, les aime et les protège. Il nous parle des gorges de la Nesque en nous disant « voici ce que je regarde pendant mes petits déjeuners. Elle est pas belle la vie ? »
Elle est belle la vie.
Sans la 2cv, jamais nous n’aurions rencontré cet homme. Une rencontre improbable, et belle.

www.flattwinedition.fr

 

Article de Peter Desfertilles